Résumé de l'émission, par Anne-Sophie Jacques
[Acte 1]
Après plus d’un mois de grève à iTELE, débutée le 17 octobre dernier, les salariés ont décidé de mettre fin au mouvement "comme un seul homme" explique le journaliste de la chaîne Guillaume Auda : la fin de la grève a été votée à la quasi-unanimité (moins deux voix). Un protocole d’accord de sortie de conflit a été signé avec la direction. 23 départs ont été annoncés dont celui du journaliste présent sur notre plateau qui a signifié son départ sur Twitter en citant le poème de William Ernest Henley, Invictus, le préféré de Nelson Mandela. "On a beaucoup pleuré" confie Auda qui se dit en colère parce que "tout ça pour ça".
Autrement dit : les salariés n’ont pas obtenu tout ce qu’ils exigeaient. Et notamment le retrait de Jean-Marc Morandini. L’animateur, mis en examen pour corruption de mineurs aggravée, a en effet trouvé refuge sur iTELE pour une émission quotidienne sur les médias à 18 heures. Pour sa première, le 17 octobre, il a fait très fort en interrogeant une fausse experte en politique américaine comme nous le racontions ici puis, dès le lendemain, une fausse correspondante aux Etats-Unis comme nous le racontions là. Cette dernière n'est autre que la fille de la co-animatrice de l'émission, Rachel Bourlier… et elle n’est ni journaliste ni aux Etats-Unis. Deux gros manquements qui ont valu au groupe Canal+ une mise en demeure du CSA… et même deux : le Conseil supérieur de l’audiovisuel a également mis en demeure le groupe de créer sans délai un comité éthique.
Est-ce la mise en examen de l’animateur qui a braqué les journalistes – qui ont voté la grève le jour de la première de son émission ? "On était très nombreux à penser que Morandini n’était pas un modèle de rigueur absolue et que sa présence à l’antenne était susceptible de nuire à l’image de la chaîne" explique Auda. Mais c’est bien sa mise en examen dans une affaire de mœurs qui représente la ligne rouge aux yeux du reporter. Quand la direction rétorquait la présomption d’innocence, Auda répliquait par le principe de précaution. D’ailleurs, précise-t-il, l’animateur a été écarté d’Europe 1 (même s’il reste salarié de la radio jusqu’à la fin de l’affaire) tout comme d’NRJ12. La direction n’a rien voulu savoir – même sous la pression de certains annonceurs qui ont boycotté l’émission. Aujourd’hui, la direction assure que les journalistes ne seront pas tenus de travailler avec Morandini et que ce dernier sera "extrêmement encadré". Oui mais comment ? On ne sait pas vraiment.
Autre revendication des salariés : séparer les fonctions de directeur de la chaîne et de directeur de la rédaction cumulées aujourd’hui par Serge Nedjar, ancien de Direct Matin, quotidien gratuit qui appartient à Vincent Bolloré. Et très "corporate" avec l’entreprise comme nous le racontions ici, là ou là. Une revendication non satisfaite même si la direction prévoit la nomination d'un directeur délégué à l'information. Victoire en revanche avec la mise en place d’un comité éthique comme le stipule de toute façon la loi Bloche sur l’indépendance des médias votée le 16 octobre dernier et effective en juillet prochain. "Tant mieux si la direction a pris un peu d’avance mais elle n’a pas pris beaucoup de risque puisqu’elle s’est engagée sur une disposition obligatoire dans quelques mois" nuance la députée écolo Isabelle Attard. Auda se réjouit néanmoins que l’indépendance et l’éthique – un mot que ne connaissait pas la direction avant la grève – soient inscrites dans le marbre.
[Acte 2]
Les salariés d’iTELE n’ont pas été les premiers à être confrontés à la conception de Bolloré sur le journalisme. Quelques mois auparavant, Canal+ en a fait les frais… et notamment dans le domaine de l’investigation comme le racontait sur notre plateau le rédacteur en chef adjoint de l’émission Spécial investigation Jean-Baptiste Rivoire. Une émission par ailleurs supprimée à la rentrée. Interrogé par la Commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale en juin dernier sur la longue liste de sujets d’enquêtes retoqués par la direction selon Rivoire, le directeur général du groupe Canal+ Maxime Saada avait nié toute censure.
Ce qui est sûr, c’est que la loi sur l’indépendance des médias (dite aussi loi anti-Bolloré) ne s’est pas attaquée à la concentration des médias. Et ce alors que sept milliardaires possèdent 95% des médias en France. Quand nous avions interrogé le rapporteur de la loi Patrick Blochesur cette absence lors d’une émission en présence de Rivoire et de l’économiste Julia Cagé, le député socialiste, tout en reconnaissant que ce point était au programme du candidat Hollande, avait assuré qu’en effet, "un autre choix a été fait". Sans donner davantage de raison.
Comment Attard explique-t-elle ce renoncement ? Selon la députée, les politiques sont liés aux grands patrons de presse. Et de citer des membres de cabinets ministériels qui comptent bien pantoufler dans des entreprises privées. Ou l’inverse : le directeur de cabinet de Michel Sapin, par exemple, vient de la Société générale. N’est-ce pas un problème pour récupérer les 2,2 milliards d’euros que l’Etat a accordés à la banque sous forme de ristourne fiscale après l’affaire Jérôme Kerviel ? Quand Attard pose la question au ministre dans l’hémicycle, Sapin se retourne et dit : "qui ose me parler comme ça" ? "Nous sommes très Ancien régime" lâche la députée. Idem : quand elle vote contre l’embauche par un grand labo d’un membre du cabinet de la ministre de la recherche et de l’enseignement supérieur Geneviève Fioraso, elle se retrouve seule à le faire.
Ce n’est pas le seul combat d’Attard. Récemment, elle a appelé à la suppression du décret autorisant le regroupement des fichiers des cartes d’identité et des passeports des français de plus de douze ans - soit 60 millions de personnes. Autrement dit, un méga fichier – ou fichier monstre décrit ici – impulsé par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et soutenu par presque tout le gouvernement dont le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas… qui y était pourtant opposé en 2012 avant l’élection de Hollande.
Si l’objectif initial est de lutter contre les fraudes à l’identité, soit quelques milliers de cas, alors ce méga-fichier ne sert à rien, estime Attard. Mieux vaut suivre l’avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) qui propose de placer une puce sur les pièces d’identité. "De toute façon, ce fichier sera détourné de sa fonction principale" assure Attard. Mais pourquoi un énième renoncement ? Pour des raisons budgétaires, estime Attard qui cite un article de Jean-Marc Manach paru dans Libération. Et comment lutter contre les lobbys du numérique ? En refusant leur invitation à dîner – elle-même a accepté celles de Google et de Microsoft avant de renoncer à ces rencontres trop conniventes à ses yeux.
[Acte 3]
Certes, la députée est aujourd’hui isolée mais elle sait prendre la parole pour faire avancer les dossiers qui lui tiennent à cœur. Ainsi, le 11 octobre dernier, en pleine discussion de la loi Montagne à l’Assemblée, Attard a interpellé le ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales Jean Michel Baylet, entré au gouvernement en février, sur une affaire de 2002 résumée par @si. A l’époque des faits, Baylet est sénateur du Tarn-et-Garonne. Un soir, il frappe sa collaboratrice Bernadette Bergon qui dépose plainte, puis la retire après transaction financière comme le rappelait en mars le site Buzzfeed. Pourquoi aborder cette affaire ? "Au-dessus des lois", répond Attard, "il y a l’éthique. Hollande martèle qu’il veut un Etat exemplaire, alors qu’il le fasse."
De même, le président assure que la lutte contre les violences faites aux femmes est une exigence mais, pour la députée, qui fut de celles qui ont dénoncé les agressions de Denis Baupin, la France est très en retard sur la question des droits des femmes. Et de renvoyer au blog créé par des assistantes parlementaires, Chair collaboratrice, qui publient des témoignages sexistes glaçants. "J’ai découvert le sexisme lors de mon entrée en politique" assure Attard. Comment lutter à l’Assemblée sur ce sujet ? En appuyant les figures emblématiques qui défendent le droit des femmes ou en proposant des amendements comme celui qui permet, par exemple, de condamner le revenge porn (amendement déposé avec la complicité du député écolo Sergio Coronado).
[Acte 4]
On le voit, Attard est atypique. Dernière preuve : la députée a parcouru en avril dernier sa circonscription du Calvados en marchant, histoire de partir à la rencontre des habitants. Que répondre à cette vendeuse sur le marché qui prétend que les réfugiés sont mieux traités qu’elle ? Attard rétorque qu’il faut aller chercher l’argent où il se trouve, dans l’évasion fiscale par exemple, et non s'en prendre aux immigrés. "Mais c’est un long combat", reconnaît Attard. Est-ce une faillite des grands médias classiques qui, lors de l'élection américaine, ont pourtant tout fait pour dénoncer les mensonges de Donald Trump sans empêcher son élection ? Est-ce la faute aux médias en ligne ou aux réseaux sociaux qui colportent ces fausses informations ? Attard s’en défend : dans sa circonscription, les gens ne lisent qu’un seul journal, Ouest-France. Certains n’ont même pas accès à Internet. Il y a une discrimination géographique, assure la députée.
Pour Attard, Internet est la seule façon aujourd’hui d’avoir accès à une autre source d’information pour développer son esprit critique. Mais quand on ne lit qu’une source, comme la Presse quotidienne régionale, c’est plus compliqué, d’autant qu’elle est très dépendante de la publicité, et notamment celles des collectivités locales. Elle invite tous les journalistes de France, quelle que soit leur rédaction, à démonter une par une les mensonges du Front national. L'émission se conclut par la chronique de Mathilde Larrère, démontant les assertions sur la Révolution et la Commune, de Karine Le Marchand et Thierry Ardisson.
Attard : "Les politiques fricotent avec les lobbys et les patrons de presse"
Et au 31e jour, les salariés d’iTELE votèrent la fin de la grève, mettant fin au mouvement le plus long à la télé française depuis mai 68. Quels sont les premiers enseignements de cette grève ? De la domination des médias traditionnels français par une poignée de grands propriétaires ? Questions que nous posons à la députée écologiste Isabelle Attard, qui suit attentivement les questions de communication à l’Assemblée nationale, et à Guillaume Auda, un des porte-paroles de la Société des journalistes et grand reporter à iTELE – ou plutôt ancien de la chaîne : il a annoncé son départ.
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Derniers commentaires
Le huff vient de faire une niouze à ce sujet.
Vous imaginez ? Quelqu'un s'est débrouillé pour faire classer ce site comme dangereux.
Il y a vraiment des choses bizarres.
(Bien sûr, j'ai ignoré l'avertissement de l'antivirus, et il n'y a pas de problème.)
Vous auriez aimé.
Et c'est vous qui mentez en prétendant que c'est un mensonge que de dire que la baisse des prestations sociales de la dame serait liée directement à la politique d’accueil des réfugiés.
Ma suspicion à l'égard des politiques nait aussi de ces manipulations grossières qui consistent à prétendre que l’accueil des réfugiés est plus couteux que la répression et l'expulsion des ces derniers.
http://www.fakirpresse.info/local/cache-vignettes/L730xH1036/illu_cice-6fec3.jpg?1479745788
On aurait aimé qu'elle détaille les sommes auxquelles ont effectivement droit les migrants, et plus encore, les demandeurs d'asiles, plutôt que de se cacher derrière les chiffres de l'évasion fiscale.
Les gens ne sont pas stupides, et ces pirouettes ne trompent plus personne.
La suspicion à l'égard des hommes/femmes politiques nait de ces manipulations grossières. Même madame Attard se laisse aller à prendre ses interlocuteurs pour des imbéciles. C'est vraiment dommage.
Pour une fois pas de monopole masculin de la parole. Il faut continuer.
Cordialement
Une très bonne analyse avait été faite dans l'émission, l'oeil des chercheurs sur médiapart sur la capacité à réellement informer librement ...
Le problème ne vient pas tant de la diffusion très large et très riche que de la capacité du public à sortir de ses clichés et de rester uniquement dans l'espace qui les conforte.
Ceux qui veulent du Trump rejetterons et ne croiront jamais tous les arguments qui l'attaquent et trouverons sur internet tout ce qui l'encense, du coup la pluralité n'est plus tout à fait celle qu'on pensait ...
Permettez moi de féliciter, en particulier Mathilde Larrère, pour sa chronique du jour, bien que toute l' émission fut passionnante.
C'est effectivement ce qu'il faut savoir avant d'aller plus loin.......
juste pour remettre les points sur les i juridiques : une agression sexuelle dans un contexte de relation de couple est une circonstance aggravante !
http://stop-violences-femmes.gouv.fr/Violences-sexuelles,312.html
"La peine encourue est de 15 ans d’emprisonnement. Elle est de 20 ans d’emprisonnement si le viol est commis avec une ou plusieurs circonstances aggravantes. En voici quelques unes :
si l’acte a été commis par le conjoint, le concubin ou le partenaire lié à la victime par un Pacs ou ex-conjoint, ex-concubin ou ex-pacsé ;
lorsque la victime a été mise en contact avec l’auteur des faits par Internet,
si la victime était particulièrement vulnérable (personne infirme, malade, enceinte) ;
si l’acte a été commis sous l’emprise de l’alcool ou de produits stupéfiants ou avec l’usage ou la menace d’une arme ou encore par plusieurs personnes (auteur ou complice) ;
si l’acte a été commis, dans l’exercice de cette activité, sur une personne qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle.. "
...cela aggrave donc la situation de M. Baylet dans un contexte de "promotion" d'une république irréprochable !
Aaah! mais ça change tout! il était donc normal et naturel que son amant-patron la batte et la jette toute nue dans la rue !
Là elle pinaille, Isabelle Attard.
- Sur 577 députés, Isabelle Attard est la seule qui est dans l'opposition ?
- Et 576 (à 10 près) ont mis le doigt dans le pot de confiture ?
Ou quelque chose m'a échappé ?
Merci pour un complément d'information.
Ce que je ne comprends pas dans les questions de DS, c'est qu'on a l'impression qu'il croit encore que les États-Uniens ont voté Trump alors que l'on sait qu'ils n'ont pas voté Clinton (ils se sont abstenus). Le nombre de voie Républicaines n'a pas augmenté si on compare aux élections précédentes. C'est juste que les Américains n'ont pas voté pour Wall-Street… ce que l'on peut comprendre.
Le parallèle avec la France me paraît très pertinent si Hollande est candidat. Si c'était Filoche, cela pourrait changer la donne. Franchement, se retaper 5 ans de merde avec Hollande au pouvoir sans opposition ou 5 ans d'extrême droite avec une vraie opposition cette fois, qui mobilisera sans aucun doute une vraie gauche…
Heureux d'avoir découvert une élue du peuple digne de sa fonction
Quant à la grève de Itélé, malgré les touchants efforts de G. Auda pour tenter de transformer la défaite en quasi victoire (des gagnants qui s'en vont!!!), elle pose deux questions... qui n'ont pas été posées:
- quelles manifestations de solidarité de la profession? Je n'en vois aucune pour ma part. Les journalistes d'Itélé se sont battus dans un quasi-silence (indifférence?) de la profession. Qu'est- ce que ça dit alors de l'état de cette profession?
- quelle conception de l'information et du journalisme porte cette chaine d'infos en continu? Il serait peut-être temps de faire la critique de ce mode "d'information", avant que la "victoire" de Bolloré, tant à Canal+ qu'à Itélé, n'annonce un plus grand "ménage" dans toute la sphère médiatique, dont on dit qu'elle est possédée à 95% par sept milliardaires.
P. Claudel
Petit commentaire sur Internet. Ce n'est pas parce que l'on en a l'accès que l'on peut/veut s'informer dessus. Que ce soit FB/Twitter/journaux en lignes, autres, les +40 ans que je connais s'informent avant tout via TV/journaux. Les moins de 25 ans sur Internet, avec des infos contestables.
Au final, très peu de personnes font le pas d'aller vérifier l'informations, sur Internet ou via les médias dit classiques. L'arrivée d'Internet ne change pas ce soucis.
Je me trompe ou Isabelle Attard a aussi fait partie de "Nouvelle Donne"? Je crois savoir que ce mouvement part en sucette, c'est dommage, il m'avait donné de l'espoir et j'avais voté pour eux aux dernières élections européennes.
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Tout cela est fort intéressant, certes et digne d'être abordé.
Maintenant, est-ce qu'on pourrait savoir (mais je l'ai peut-être manqué) ce qu'une députée dite écologiste pense de la protection de la nature, et quelles ont été ses actions concrètes pour essayer de la protéger; je ne dis pas environnement exprès car c'est une notion purement anthropocentrique et idéologique et il faudrait en sortir un peu si on veut progresser nonobstant l'idéologie dominante exprimée dans la Genèse (en gros, Dieu a dit: tout ceci est à vous et faites-en ce que vous voulez; maintenant on voit le résultat, une extinction massive des espèces vivantes sur la planète); toutes les espèces vivantes ont le droit de vivre et ce n'est certainement pas à l'homme de décider lesquelles on peut supprimer -volontairement ou non- et lesquelles il faut garder (celles qui lui sont "utiles" à première vue; je dis bien à première vue, car en seconde vue, ce n'est pas pareil) d'autant que dans ce domaine, le moins qu'on puisse dire est que les tentatives d'introduction ou d'éradication ont toutes créé des désastres écologiques, et que l'homme est surtout caractérisé par son ignorance et sa prétention (il s'est appelé lui-même "sapiens" alors qu'il ne sait rien, mais alors rien en ce qui concerne la nature et les équilibres écologiques).
Une idée pour commencer: à quand un amendement ou une loi qui dénoncerait la "compensation écologique" imposée aux "aménageurs" et qui est un non-sens, une insulte à l'intelligence quand on est un tant soit peu biologiste ou scientifique, et un prétexte pour que tout soit permis ?
De l'art de répondre à côté, cette brave maraîchère l'interpelle sur l'aide à fonds perdus apportée aux migrants,
et Madame Attard lui parle des inégalités et de ce 1% de très riches à qui on fera rendre gorge, foi d'élue du peuple.
Concernant le beaujolais pardon... le morandini nouveau qui pique les yeux, il aurait été utile d'aborder la stratégie de V. Bolloré derrière le changement de nom de la chaîne. Une guerre d'usure telle que celle menée par la direction d'iTélé, aux yeux et à la barbe du CSA, vise forcément certains objectifs. Par ailleurs, le fait de démissionner implique que son droit de regard sur l'éthique de la boite dans laquelle l'on œuvrait "en toute indépendance" perd de sa légitimité, Daniel a bien souligné cet aspect. Cependant, vu l'arrogance de la direction, il y a fort à parier que d'une part la démission d'un quart de l'effectif ne les émeuve le moins du monde; Pire cela pourrait servir leur présumé projet de mettre en place des programmes animés par des clones de Laurence Ferrari et entrecoupés de publi-reportages en l'honneur des accomplissements de nos capitaines d'industrie. Du coup, une boutade me vient : Haro sur la pseudo-indépendance journalistique! Car enfin, comment imaginer que même correctement encadré, Morandini soit susceptible de faire du journalisme d'investigation correspondant aux standards (déchus, ou en passe de l'être) de l'info en continue ? Ce n'est pas son créneau, ni son credo d'ailleurs. Sur ce point, j'encouragerais plutôt les annonceurs a rester fidèle à ses émissions, car il y a fort à parier que le quotient de temps de cerveau humain disponible soit en nette augmentation dès lors que le petit protégé de Bolloré prend la parole.
qui font une excellente émission !
merci !
Mais envoyez un mail quand il y a des directs! Mediapart m'en envoie 3 ou 4 lorsqu'il en fait...
Une femme politique. Qui rencontre des gens ordinaires. Dont une maraîchère qui lui explique qu'elle a un problème avec l'immigration.
Et ?
Cette femme politique va-t-elle détourner le regard ? Va-t-elle se boucher le nez ? Va-t-elle traiter la maraîchère de raciste ? De facho ? Va-t-elle la prendre pour une débile ? Va-t-elle faire la morale et surjouer l'indignation à coup dézeursombres ?
Non !
Elle... parle avec elle ! Pour échanger un autre point de vue ! Sans condescendance !
Alors quoi ? Cette femme politique serait-elle une idiote utile du Front National ? Quelqu'un qui s'accommode du fascisme ? Une pro-nazi ?
Non, juste une femme politique qui croit en la démocratie et en ses idées, et qui préfère chercher à convaincre en respectant les gens plutôt que de les toiser de manière arrogante et infantilisante.
Dingue.
D'abord on réalise qu'on a cru au père Noël, alors que si on avait suivi attentivement ce qui se passait, on aurait su, d'ailleurs on savait, que l'on ne pouvait pas parier sur Clinton, ni sur Trump d'ailleurs. Ensuite on trouve des causes fantasques : Facebook, Twitter, Google News. Quelle sera l'étape suivante ?
Pourtant, on sait bien ce qui se passe. Les différentes classes prolétaires se sont fait marcher dessus allègrement depuis 40 ans. Ces classes sont diverses, certaines occupaient Wall Street, votaient Sanders, le Brexit ou élisent Trump. C'est troublant, peut-être, c'est notre monde, on le voit bien.
Reconstruire un monde viable sur les ruines de celui qui s'écroule n'est pas gagné. D'abord il n'a pas fini de s'écrouler. Ensuite, il n'est pas certain que quelqu'un soit encore en mesure de reconstruire quoi que ce soit.
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Dommage, j’aimais bien ceux d’entre eux qui félicitaient madame Isabelle Attard.
Je remercie grandement madame Isabelle Attard.
Mais je compatis...
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