Tout
le week-end, la rumeur de la Toile propagea la bonne nouvelle : Tapie
aurait été repéré à l'Elysée, au lendemain de son audition par la
commission des finances de l'Assemblée (dont le point saillant est dans
l'émission de cette semaine). Le Tapie-qui-n'est-pas-l'ami-de-Sarkozy ? Lui-même. C'est une journaliste de Bakchich qui aurait eu la vision tapiesque,
vendredi 12 septembre à 16 heures précises. L'Apparition attendait sous
un porche, avant d'être conduite au bureau de François Perol,
secrétaire général adjoint, en charge des affaires économiques.
L'Elysée, au nom de la laïcité positive, ne fait aucun commentaire.
L'Apparition dément. "Vous rêvez ! Je ne suis pas un sous-citoyen, et vous n'êtes pas juge d'instruction". C'est apparemment une apparition, non seulement ponctuelle à ses rendez-vous, mais loquace.
Le PS, parti de libres-penseurs, mais ouvert au surnaturel,
demande des éclaircissements. L'Elysée se tait encore. L'AFP signale
l'apparition. Le Chateau se tait toujours. Au cours du week-end,
l'Apparition gagne tous les sites de presse en ligne, de Libération au
Monde, en passant par le Journal du Dimanche. Ce sont des sites
sérieux, d'organes de presse sérieux, à qui on ne la fait pas. Mais
l'Elysée se tait obstinément.
On se branche enfin sur les radios du lundi matin. Pas un mot. Il y est pourtant abondamment question (coïncidence troublante) de la visite dans les Pyrénées d'un certain M. Seize qui, à ce qu'on croit comprendre, est un spécialiste du sujet. Les radios du matin sont donc sensibilisées à la problématique générale des apparitions. Mais rien. Vraiment, on a rêvé. Ou bien, il faut croire que le cas Tapie, dans l'attente de son homologation, est une sous-apparition. Chère consoeur de Bakchich, n'est pas Bernadette qui veut.