Le blogueur et le journaliste
Mine de rien, il s'est passé quelque chose d'important, sur notre plateau de cette semaine. Et ce quelque chose ne concerne pas seulement le Tibet.
Il concerne l'information.
Sur notre plateau, Pierre Haski. C'est un des fondateurs (et le président) de Rue 89, un des nouveaux médias "phares" d'aujourd'hui. C'est aussi un journaliste chevronné, ancien correspondant de Libération à Pékin.
Et sur le plateau, très naturellement, Haski nous avoue quelque chose : c'est à travers le témoignage d'un touriste-blogueur, Aurélien, qu'il a lui-même compris une des composantes importantes des émeutes du Tibet, la dimension nationale.
Ce blog, Haski ne le connaissait pas personnellement. C'est un autre internaute, qui lui a laissé le lien dans un des forums de Rue 89. Car Haski, lui, tient-il à souligner malicieusement, lit les forums de Rue 89. Suivez mon regard, vers les forums des médias traditionnels, dans lesquels jamais les journalistes ne viennent s'égarer.
Ca n'a l'air de rien. C'est énorme.
Un patron de rédaction, sans craindre pour sa sacro-sainte crédibilité de Grand Professionnel, qui avoue avoir appris des choses d'un blogueur anonyme : c'est à des instants comme celui-ci, que l'on mesure combien Internet bouleverse la distribution même de l'information. A quel point un certain journalisme vertical, celui qui délivre l'information à ceux qui ne sont bons qu'à la recevoir, est condamné. Evidemment, c'est avec enthousiasme que nous continuerons, ici, d'être à la fois acteurs et spectateurs de cette redistribution.
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