Les ailes du miracle
Dans la monotonie des matins, l'oeil
C'est d'abord sur les passagers, que se porte le regard. Ces deux rangées symétriques, manifestement calibrées par l'équipage. Leur calme, leur apparente placidité d'hirondelles sur un fil téléphonique, qui contraste avec l'extraordinaire de la situation. Tout autour, les eaux glacées du fleuve, mais la situation est stabilisée. Ah, ces ailes du miracle! Elles ne tanguent pas, ne roulent pas, ne balancent pas. Certains passagers, tout à droite, se sont même assis, pour attendre tranquillement. Fatigués certainement, même s'il ne doit pas être confortable d'avoir les fesses dans l'eau glacée. Pas un soupçon de la moindre panique, dans la photo. Une attente paisible des secours que l'on imagine tout proches, puisque la légende précise que nous sommes à New York, sur le fleuve Hudson.
Comme porté par le balancement de l'eau, l'oeil revient ensuite au centre, sans précipitation. Au centre, où nous contemple le regard indéchiffrable du cockpit. Où est le pilote, où est l'équipage ? La photo ne le dit pas. Mais peu importe. Nous le saurons. Toute l'histoire nous sera bientôt racontée. Pour l'instant, l'avion est là, l'avion silencieux et rassurant, comme un volatile de métal qui, pour une fois, aurait rassemblé sur ses ailes toute sa couvée de canetons.
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