Tibéhirine, sans papiers : vive le trémolo sélectif !
un test à Frédéric Mitterrand, pour savoir si le nouveau ministre, outre un communiquant méritoire comme le relève notre Sherlock Com', est aussi une prise de guerre "de gauche", pur jus. Après quelques zakouskis d'actualité (la célébration planétaire de Jackson, sans précédent depuis la mort de Staline ? Normale. Hadopi 2 ? Mitterrand ressort simplement les vieux argumentaires d'Albanel), on passe donc au test. Le bouclier fiscal, utile ou scandaleux ? Utile. Le travail du dimanche ? "Moi, j'ai toujours travaillé le dimanche". Restait la question suprême : l'objectif chiffré de 27 000 reconduites à la frontière de sans-papiers , légitime ou scandaleux ? D'un mot, Mitterrand botte en touche : "compliqué".
Ouf ! Mitterrand restera. Son personnage inédit de clown mélancolique fera de l'usage. Il saura, en égrenant ses trémolos, ne pas regarder les arrière-cours, les centres de rétention, les jungles, les noyades et les défenestrations. Le poids de sa conscience ne l'alourdira pas dans les garden-parties où, soyons en sûrs, il brillera de mille feux. Bonne pioche, de la part du couple de l'Elysée. Ainsi se concluera la fable de la "prise de guerre", et de la "sensibilité de gauche" du nouveau ministre. Ainsi pourrait-elle au moins se conclure, si juillet, Jackson et Armstrong ne venaient déjà renforcer l'anesthésie générale.
Anesthésie ? Je ne croyais pas si bien dire, l'autre matin, en vous suggérant d'observer les suites données aux deux demandes de levée du secret-défense, dans les deux dossiers des moines de Tibéhirine et de l'attentat de Karachi. Il sera levé, bien entendu, c'est l'Hyper qui l'a promis avec des trémolos, lui aussi. Dans les deux dossiers ? Non, ne rêvons pas. Dans celui de Tibéhirine, bien sûr. Sur France Inter, Jean-François Achilli, préposé aux hyper-décryptages, interprétait les trémolos. En visite en Algérie, l'Hyper a été tellement ému par sa visite au monastère ! Et par le sort de ces "moines décapités" ! (selon la version du général auteur des révélations qui amènent à réouvrir le dossier, les malheureux moines n'auraient été décapités qu'après leur mort, mais ce n'est qu'un détail). Pas un mot d'Achilli, ni d'ailleurs de quiconque, pour remarquer la différence de traitement entre les deux dossiers. Pour s'inquiéter qu'un chef de travaux mort ne vaille pas un moine mort dans la trémologie présidentielle. Sans doute objecteraient-ils que c'est "compliqué".
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