"Dans les films, des catastrophes enfantines et plaisantes..."
De la catastrophe japonaise, nous parviennent chaque jour des images indéchiffrables et opaques. Celles des réacteurs de la centrale de Fukushima, difficiles à interpréter et sur lesquelles les informations sont contradictoires; mais aussi celles du peuple japonais, conservant apparemment le plus grand sang-froid dans l'épreuve, à la grande surprise des envoyés spéciaux français. Comment interpréter ce calme ? Serait-il dû à la familiarité des Japonais avec des images de catastrophe, qui nourrissent abondamment nombre de classiques de la culture japonaise, mangas ou films ?
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Derniers commentaires
http://www.youtube.com/watch?v=Zd8T76E45k0&feature=related
Ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais c'est tellement prémonitoire !
Le film s'appelle "Rêves" ("Dreams").
Une collègue et amie japonaise que j'ai retrouvée en exil à Okinawa m'a expliqué la raison de sa présence : "ma mère m'a dit: à mon âge (60 ans en gros), je peux mourir d'un cancer, toi (faites le calcul), tu as encore des choses à faire et tu es en vacances, va chez ta soeur à Okinawa."
Elle et moi sommes rentrés à Tokyo. Début avril, c'est le début de l'année économique au Japon. Nous ne sommes pas sous-informés, ni des trop disciplinés (à Didier Porte que je regrette à FI mais qui n'en est pas à sa première chronique à côté de la plaque).
Nous sommes 37 millions dans la conurbation de Tokyo. Risque nucléaire ou pas, sous-information réelle ou fantasmée, la plupart d'entre-nous n'a pas d'autre refuge. La catastrophe nucléaire est potentielle.
Ayons du respect pour les victimes de la catastrophe réelle.
Aborder la question du rapport des Japonais aux catastrophes naturelles est en soi très intéressant et pourrait nourrir un débat vraiment riche, mais on a ici : un spécialiste de la culture populaire mais pas du Japon, un spécialiste du Japon mais pas de sa culture populaire (et encore moins de son histoire), et une Japonaise dont le rôle est limité à celui d'arbitre validant les points de vue avancés sur le plateau.
On part donc un peu dans tous les sens : les clichés véhiculés par les envoyés spéciaux français (ça vaudrait en soi au moins une émission - ou quatre, si ça ne tenait qu'à moi), une digression rapide sur la qualité de l'information accessible à la population japonaise sur place (ça vaudrait en soi au moins une émission - ou douze, si ça ne tenait qu'à moi) et un survol des films catastrophes et autres kaijû japonais - à croire que les catastrophes naturelles et la culture populaire sont au Japon nées en même temps que le cinéma. Bref, au final l'ensemble m'a paru assez décousu et un brin superficiel.
Au risque de tomber dans le hors-sujet - mais après tout l'émission est passée depuis longtemps et le forum un peu ensuqué :) je crains surtout en terme de choix éditorial que, malgré les intentions louables de différer un bilan de la catastrophe, on tombe dans le même pas de deux et de travers qu'à chaque actualité lourde extra-hexagonale : d'abord on montre sans expliquer (ou si peu) pour bien imprégner les rétines, et ensuite on recentre vite sur un bon vieux débat franco-français dont on maîtrise bien les codes. Cas d'école avec Fukushima : tout le monde panique devant les scénarios de la catastrophe annoncée et on entame vite un débat sur les risques du nucléaire en France, sur l'avenir du nucléaire en France, sur les retombées radioactives en France. Idem sur internet, où chaque article sur le sujet est prétexte à un déferlement de commentaires sur les horreurs du nucléaire et du grand méchant lobby qui le promeut. Traiter au fond ce qui se passe sur place avec le recul et la prudence que la situation appelle, les conséquences, la gestion de la crise, on verra plus tard - ou pas.
J'espère que ce ne sera pas le cas cette fois, et qu'on aura droit un jour à une émission centrée sur le traitement par les médias français de l'actualité japonaise récente - et pas simplement à la question du lobby nucléaire versus les médias.
Alain Korkos fait écho à des réserves bédéfiles sur l'américanisation d'Akira bientôt adapté en film. Je ne peux pas me retenir de renvoyer sur les petites animations de Harry Partridge, qui avait déjà expérimenté le concept, avec un résultat parfaitement enthousiasmant : http://www.youtube.com/watch?v=jafd97yJFOI
Non, le premier anime qui me vient à l'esprit est Spectroman (Spectreman), une série ratée des années 70, mais précurseur en matière de prise de conscience écologique. (cf. Le Générique )
En second lieu, je placerai San Ku Kai. J'ai à l'esprit cette image de Golem 13 provoquant un terrible éboulement à chacune de ses apparitions sur la planète dont le San Ku Kai et son sympathique équipage ont la charge de la protéger.
Emission plutôt pas mal, qui m'a pourtant laissé sur ma faim.
Je pense que les gens qui y ont vu un point de vue trop léger, ne se sont même pas posé la question (même si ils pensent le contraire) de savoir si ils voulaient vraiment comprendre le point de vue et l'état d'esprit japonais, où si ils réagissaient devant la catastrophe via leur propres peurs (et donc attendent le même genre d'analyse de la part des medias). Ce sont les même qui n'ont parlé que des problèmes nucléaires en france avant de parler du malheur japonais lui même il y a une semaine, (j'en parierais ma main..).. Ce sont donc des gens centré sur eux même..(eh oui j'ose)
En ce qui me concerne, j'ai beau avoir vecu dans ce pays un an, j'ai appris des choses fort intéressantes durant l'émission, sur l'historique et la mise ne perspective de cet état d'esprit nippon.
j'ai l'impression qu'on a trouvé cette émission soit trop geek soit pas assez finalement. Je pense surtout qu'elle a été fort mal comprise.
L'histoire de l'Art (et en l'occurrence l'Art populaire japonais est le reflet de sa société donc c'est un Art très significatif et juste), est une discipline permettant de comprendre l'Histoire au travers de l'état d'esprit et des croyances des hommes. Y a rien de plus efficace en somme pour comprendre comment on n'en est arrivé là.. Ne voir dans cette émission qu'un rassemblement léger et puéril par rapport à ce qui se passe au Japon est une réelle erreur d'interprétation.
Bref, un grand merci!
Mystère de la chimie de mon cerveau, je trouve que la tsr a un peu mieux respecté mon calendrier interne (même si je trouve la juxtaposition d'images, dans la vidéo, un peu limite). Comme quoi, à quoi ça tient, tout ça...
http://japgeo.free.fr/
dont ce billet agacé de Philippe Pelletier (Université Lyon 2 UMR 5600) "Le centre a tremblé, la province a subi"
que l'on peut lire ici http://japgeo.free.fr/Sendai/PhPelletierTohokujishin.pdf
sur la politique japonaise, je tiens aussi au souligner l'article de Pierre Souyri
http://www.reseau-asie.com/edito/les-editos-du-reseau-asie/haute-administration-japon-souyri/
bonne lecture
j'aurais aussi aimé que l'ont traite dans votre émissions de l'influence des ces représentations du monde dans le manga ou la "catastrophe"...
notamment dans le shintoïsme, ou les esprits de la nature sont très présents, tant au niveau local (quartier, village...) qu'au niveau national.
Les intervenants ne disent pas grand chose, les transitions sont lourdes et j'ai presque l'impression de gêne, comme si la rédaction avait eu une idée mais ne savait pas trop comment l'approfondir. Les interventions de DS qui joue comme d'habitude les ingénus sont aussi pénibles, s'étonner tout le temps ne permet pas d'aller bien loin dans la réflexion.
C'est dommage, je trouve le thème passionnant mais je dois dire que je n'ai rien appris. J'ai plus réfléchi à partir de quelques liens proposés et réflexions précises comme celles de IT.
Au passage, a propos de Tezuka, un de ses mangas m'a longtemps fasciné, il s'agit de Phénix, l'oiseau de feu... Manga extraordinaire qui évoque une série de civilisations qui naissent, périclitent, disparaissent, et de personnages plus ou moins récurrents qui traversent ces "époques" différentes. L'homme y apparaît comme un accident parmi d'autres au milieu de cycles temporels d'une longueur étourdissante... Ce manga m'a plongé dans des états de pessimisme noir et d'optimisme apaisé.
Pas le temps de l'évoquer plus longuement mais je le recommande vivement....
- En réalité, les français(et autres étrangers) n'étant plus sur zone depuis l'alerte nucléaire ont un sérieux temps retard (ex : le sauvetage de la grand mère et du petit fils était annoncé samedi au japon, et ne date pas du tout de dimanche)
- Dixit médias japonais : Les sauveteurs français se sont rebiffé quand on leur a demandé de transporter des cadavres. Ils n'ont rien voulu faire et sont allés dans la base américaine du nord qq temps, pour finalement rentrer en France. (On se demande pourquoi il n'est jamais prévu d'intermédiaire compétent qui puisse expliquer les codes linguistiques et culturel pour faciliter la communication. Ça clache systématiquement entre le tempérament sanguin/esprit de supériorité/manque d'écoute et de sens de la solidarité français -l'équipe est venue pour se "faire valoir"- et la retenue/inflexibilité/organisation orchestrée sans égotisme, pour le bien collectif -au Japon, pas de hiérarchisation de valeur; de la tâche la plus humble à la plus valorisante, tout est toujours fait avec le même zèle et la même conscience)
- Même les médias américains ont traité les nouvelles avec moins de pathos. Les envoyés français ont rivalisé de vocalises dramatisantes même sur des sujets techniques comme les coupures d'électricité dans tout le Japon, pourtant parfaitement gérées et organisées. Pour ma part, il me semble que cette façon de repaitre le spectateur français de sensations fortes à bon compte a forcément un effet pervers sur le moral déjà bien malmené. (nous avons été submergés de messages compatissants).
Pour ce qui est de votre émission, je l'ai trouvée très juste. En effet la littérature et le cinéma illustrent bien le positionnement japonais face à l'adversité, l'inéluctable. C'est un peuple d'origine animiste; ils font partie de la nature et ne s'en sentent pas supérieurs. Ils n'ont pas non plus ce sentiment que les chrétiens ont du "bien" opposé au "mal" et n'ont pas suspendue sur eux -par les soins charitables des ecclésiastiques- la terreur de la punition de dieu. Par ailleurs, et s'est dommage de l'avoir balayée, car ce faisant vous avez raté une notion fondamentale japonaise : ils ont le sens de la "beauté de l'éphémère" valeur esthétisée (leur emblème est la fleur de cerisier), un sens profond de ne rien posséder dans l'absolu, ni dans la durée (donc la beauté EST dans l'éphémère). Ainsi, il faut bien envisager leur culture pour comprendre leur capacité de se reconstruire -et rebondir- et d'optimiser ensuite en un temps record.
Non, ce n'est pas la "Fin d'un monde"! quelle absurdité.
Et bien sûr, c'est une jeune femme. C'est le mieux qu'on a sous la main après un enfant, mais les enfant on les garde plutôt pour des victimes de méchants humains, ça marche mieux.
La belle japonaise stoïque et et inébranlable, impassible telle l'héroïne d'un manga seinjin.
La puissance de l'image au service de … l'image.
Ca me rappelle le photo de cette femme afghane aux yeux verts qui fit le tour du google monde...
- 14 mars 2011 : Déjà vu: l’image de la catastrophe
- 18 mars 2011 : Petite rhétorique de l’image médiatique
- 19 mars 2011 : Le tsunami, l’atome et les cerisiers
Est-ce que la réaction des victimes du tremblement de terre/tsunami/accident nucléaire est vraiment si différente de celle de populations confrontées à des catastrophes ailleurs dans le monde ?
On s'extasie devant le comportement des Japonais. Mais les victimes du tsunami de 2004, celles du tremblement de terre d'Aquila en 2009, celle de la tempête Xynthia de 2010, se sont-elles comportées moins dignement ? Personnellement, je ne vois pas de différence flagrante.
En dehors des considérations philosophico-sociologiques de nos experts et témoins, y a-t-il des éléments concrets de comparaison qui permettraient de démontrer que le Japonais "fonctionne" différemment de ses congénères humains, dans l'adversité ?
C'est pourquoi il ne pose aucun problème actuellement. Il est seulement en fusion et a fait exploser une de ses protections en balançant de la radioactivité partout.Vous allez me dire que je n'emploie pas les bons termes, mais ça ne change rien à l'affaire.Dormez, bonnes gens, le guet veille. Il est une heure ............ avant l'apocalypse.
Justement cela change tout et c'est précisément cela le problème. et la raison pour laquelle lorsque dans les premiers jours certain média parle de Chernobyl et l'on dramatise ils méritent des baffes. Le contrôle par l'ignorance et la peur de mourir c'est de l'information?
La radioactivité pour les nuls
On parle l'élément chimique une catégorie d'atomes ayant en commun le même nombre de protons dans leur noyau atomique, ces éléments existes sous différentes formes cousines (isotope) ce qui définit l'isotope c'est le nombre de neutron, peut importe le nombre de neutron l'élément ce comporte et réagit de façon identique. Certain de ces isotopes sont dit stable (ils ne bougent pas) et d'autres radioactifs (ils se transforment) . cette Transformation temps vers la formation d'éléments stables non radioactifs, elle peut être très lente des sciècles ou très rapides des minutes (Si l'on prend des atomes d'Hydorgène H3 (isotope radioactif avec 2 neutrons) radioactif au bout de 12,6 ans on se retrouvera avec la moitiés atomes d'Hydrogène H3 et des atomes d' Helium(He3) qui se sont formé, si l'on prend des atomes d'Hydrogène H2 et que l'on attend 2000 ans on aura toujours les même atomes D'Hydrogène H2.
Dans un réacteur Nucléaire à fission on prend un gros élément (uranium 235) avec plein de neutrons et de protons tu balances des neutrons dessus dans le but de le casser en deux . Cette fissions produit de l'énergie (95% de l'énergie produite dans le réacteur) et deux nouveaux éléments radioactifs dont le processus de "stabilisation" (decay) produit 5% de l'energie. Cette fission produit aussi des neutrons ainsi que d'autres neutrons qui vont allez casser ce qu'ils trouvent.
Premier point, les réacteurs sont éteint donc il n'y a plus de processus de fission et l'on a pas contrairement à Chernobyl à ce soucier radiation liées aux neutrons, la radiation dont on doit se soucier est celle lié à celle des produits de la fission.
La première choses à se demander est donc ce qu'il peut y avoir dans ces produits: principalement ce sont des métaux, c'est a dire qu'il ne sont pas facilement soluble dans l'eau ils fondent à forte température ne passe pas facilement à l'etat gazeux. Il y a aussi des gaz et quelques élément qui sont volatile ou soluble dans l'eau.
En cas de Meltdown tu vas te retrouver avec les produits de fission soluble dans l'eau (Cesium, Iode, Technetium) les produits gazeux ou volatile dans la vapeure (Xenon, Krypton, Radon) (et a un certain point de lode) en cas de ventilation ou/et de fuite comme c'est la cas à Fukushima
Là ou les choses deviennent pré- apocalyptique c'est lorsque le combustible prend feu car tout les produits de fusion qui sont à l'état métallique partent joyeusement en fumé (notez la différence importante fumée/vapeur)
Mais même si Fukushima en arrivait là (une semaine après) on ne serait pas encore à "la totale" : Chernobyl, réacteur en fonctionnement, explosant en envoyant du matériel ultra radioactif le vendre béant en feu à l'air, remplie de graphite (du charbon) idéal pour faire une bon feu...Pour rappel à Fukushima le risque majeur actuel est lié au combustible usé en cours de decay depuis env trois mois.
Enfin et surtout l'ordre d'évacuation à été donnée six heures après le tremblement de terre alors que la situation vis a vis des radiations était négligeable, et la population est informée ce qui n'a pas été le cas à Chernobyl.
Personne ne tient particulièrement à mourir et par nature nous réagissons plus facilement par la stimulation de l'émotion que de la raison.
Maintenant si l'objet est d'évaluation de l'action des médias et du gouvernement japonais, on ne peut porter de jugement que sur le début de crise.
Intéressant discours de Kumiko Kikuchi, Japonaise en France, à l'opposé de ceux de la plupart des Français au Japon, qui considèrent au contraire que les médias français ne font pas part de la réalité de la situation et tombent dans le catastrophisme et le sensationnalisme.
Voir par exemple Fukushima : arrêtez le cinoche « Armageddon », fermez-la ! ou La fin du monde n'aura pas lieu. Les Français en France ayant vécu au Japon, et connaissant un minimum le pays, sont aussi de cet avis (moi compris).
Un débat là-dessus entre les deux autres invités aurait été intéressant, mais c'est peut-être effectivement trop tôt.
si je suis votre raisonnement, si j'ai bien compris cela fait partie de la culture japonaise.
En fait, le catastrophisme fait vendre voir les histoires sur la fin des temps en 2012..., Pour les Européens, vous direz que la fin des temps en 2012 s’il arrive une autre catastrophe, on dira que cela fait partie de la culture… Là vous êtes dans le monde de Homer Simpson(http://www.luds.net/lieux.php).
Mais de toute façon, quoi que le gouvernement japonais dit, qu'est ce vous voulez que la population fasse, a part espérer et subir des événements qui les dépassent…Vous avez un point de vue mais quand vous faites des émissions n’oubliez pas que cela est votre point de vue tel que vous le voyez avec la culture que vous avez, tout en essayant d’être le plus objectif possible.
Enfin je dirais aussi en écoutant que les différents journalistes de télévisions même ayant une culture scientifique, ne sont pas objectif, non pas volontairement mais par leurs cultures respectives. Alors quand vous les téléspectateurs, quand vous les écoutez, il y a à boire et a manger, et cela il ne faut pas l’oublier.
Un mot à étudier :
« télépectateurs »
télé : racine grec signifiant « à distance »
donc qui regarde à distance…
Comment être objectif alors !
En conclusion je ne suis pas en accord avec votre point de vue, tout en saluant vos émissions et reportages.
J'en conseille vivement la lecture à l'équipe d'ASI ! C'est un livre court et qui ouvre plusieurs pistes d'interprétation stimulantes sur le traitement photographique d'un événement, dans une perspective à la fois culturelle et économique.
on entend à un moment le terme "métamorphoses" ...je n'ai pas pensé à la Grenouille mais à Ovide ...
A partir de là c'est parti: Pline et l'éruption du Vésuve, la Grèce, l'Atlantide et le continent engluti, l'Odyssée et les compagnons d'Ulysse transformés en cochons, dans le voyage de Chihiro qui me fais penser, va t'en savoir pourquoi, au filn de Grimault, "le roi et l'oiseau.
Et puis les douze travaux d'Hercule, le chien Cerbère et puis et puis, ben tiens! Le Colosse de Rhodes ...
Je trouve que tout ¸ça a un air de famille ...il est vrai que la Grèce. c'était aussi beaucoup d'iles ...et l'italie des volcans ...je sais pas, mais il y a quelque chose à creuser là! Non?
Un peu d'histoire culturelle ne fait jamais de mal.
De toutes façons depuis ce vendredi le Japon est passé d'actualité dans les médias par rapport à l'alibi, pardon la Libye !
Petite anecdote : mon conseiller financier m'a dit hier que les émissions des futures obligations dépendraient étroitement de la situation au Japon.. si ce ne sont pas des émissions radioactives..!
Pourquoi ne pas inviter à la prochaine (émission) quelqu'un de la CRIIRAD dont le site et les balises ont le mérite d'informer sans déformer.
Alors peut-être qu'avec du recul, ce stoïcisme japonais se transformera en colère et que certains auront des comptes à rendre, en tous cas espérons-le.
Autre chose qui me frappe, c'est la communication pro nucléaire en france, ils utilisent beaucoup l'expression "amélioration continue" pour parler de la sûreté des installations. Quand on voit qu'un vocabulaire spécial est utilisé par toutes les personnes travaillant pour le nucléaire on voit bien qu'ils font appel à des communicants pour rassurer le public, ben du coup moi ça ne me rassure pas, au contraire. Mon avis personnel est que si ce qui arrive au japon arrivait en france, on serait tout aussi largué pour gérer le problème. Je pense malheureusement que le nucléaire est une activité très dangereuse et incontrôlable, pas la peine de se leurrer. Faudra bien un jour penser à utiliser d'autres sources d'énergie.
Dernière chose, je pense que cette catastrophe nucléaire est vraiment plus grave qu'ils ne veulent bien le dire, si on réfléchit, par rapport à tchernobyl, il n'y avait qu'un réacteur, là il y en a 4 qui déconnent. A l'époque, il a fallu 600000 personnes pour résoudre le problème tant bien que mal, là ils sont une 50ène, c'est pas pour être alarmiste mais j'ai pas l'impression que ça va s'améliorer cette histoire...(mais je reste stoïque)
Grâce à la Parisienne, ça bascule et je me rends compte que, si j'ai écouté tout ce qui venait avant avec plaisir, particulièrement la délicieuse image de la petite Ponyo volant, victorieuse, au dessus d'un tsunami de poissons provoqué par sa passion amoureuse, c'est surtout parce que pendant trois quarts d'heure, j'ai oublié que la catastrophe est aussi nucléaire. Et que si on reconstruit "plus beau qu'avant" sur des ruines, comme dans la vieille chanson populaire "L'était un vieux chalet", on ne reconstruit pas sur un site nucléaire ravagé.
Merci quand même de cette approche de la culture japonaise où la nature, ni bonne ni mauvaise, EST tout simplement. Et merci à la Parisienne de ne pas nous avoir permis d'oublier complètement les populations irradiées, auxquelles on va peut être commencer à s'intéresser, car si on a beaucoup parlé des centrales et des réfugiés, on a très peu évoqué ceux qui, les "liquidateurs" mais pas seulement, sont déjà marqués dans leur chair. Je comprends ce silence, moi-même je me force pour l'écrire parce que ça m'oblige à y penser.
Devant des évènements aussi sinistres et terribles, je trouve que passer par l'art et la projection que permet la représentation, conduit à prendre un recul salutaire.
Toutefois, je trouve que Mikaêl Luken a mis le doigt sur quelque chose qui me fait penser qu'on peut voir le Japon d'une autre façon.
A un moment, il fait référence au tremblement de terre de Kanto en 1923 pour expliquer que l'incendie qui l'avait suivi et détruit Tokyo avait induit une peur d'être bombardé. Par la suite, cette peur avait provoqué une politique étrangère agressive, qui s'était terminée par LE bombardement d'Hiroshima, le feu nucléaire. Quand DS demande des explications, Luken recule et se retranche sur la représentation, sans doute pour ne pas devoir s'expliquer sur quelque chose qui peut sembler trop tarabiscoté.
Pourtant, j'irais plus loin et je rapprocherais cette analyse du fait que nous avons tous été sidérés d'apprendre qu'un pays qui a connu Hiroshima donc connaît la peur atomique, a construit des centrales nucléaires dans des zones constamment en butte à des séismes et des tsunamis.
A ce niveau, on peut aller plus loin qu'une explication par le fatalisme, et aller jusqu'à un désir d'auto-destruction.
Dans cette optique, ces films et représentations artistiques font plus figure de prophéties auto-réalisatrices que de catharsis pour juguler la peur ou de représentations d'une constante de leur histoire..
On peut imaginer que dans une culture où la pression sociale et culturelle empêche les manifestations de colère et de révolte, la catharsis par l'art ne peut pas suffire, et le désir inconscient est grand de voir le monde rasé par la violence pour tout recommencer, et connaître une renaissance, ce qui, les conditions géographiques aidant, concourent à leur vision culturelle. Mais ça peut aller plus loin, Jusqu'à provoquer une surenchère dans la violence du feu.
Les Japonais sont faits du même bois que nous, et ils ont besoin comme nous de s'exprimer et de combattre, c'est très visible dans leurs mangas, qu'on aime pour ça. En tant que latins, nous pouvons le faire ouvertement, mais les Nippons doivent passer par des procédures beaucoup plus complexes et de nature finalement assez névrotiques.
Je n'ai aucune compétence particulière en sociologie ou en psychanalyse collective, mais il est difficile de ne pas faire le rapprochement.
L'émission était intéressante, mais je suis étonné qu'à aucun moment il n'ait été question du shintoïsme.
Alors, je ne suis pas spécialiste, et vu l'heure je ne vais pas faire de recherche, mais pour ce que je me rappel, il me semble que le shintoïsme se centre autour des "forces de la nature" et personnalise celles-ci dans une myriade d'esprits, divinités...
"Mon voisin Totoro" est un bon exemple: ce n'est pas un monstre (comme vous le dites), mais un esprit habitant un arbre très vieux vénéré des habitants du coin. Il est une force sylvestre qui habite l'arbre exceptionnel ou EST l'arbre (je ne sais pas). Il est en tout les cas l'esprit lié à l'arbre.
La variété des lieux de culte shinto le reflète (sources, forêts ou arbres, montagnes, ... tout site qui rend la force de la nature palpable). Même l'Homme est part entière de la nature et peut lui même muté en une de ces force (Akira)...
Le monde est un TOUT.
Comme notre culture judéo-chrétienne nous place hors de la nature (la création a été créée pour l'homme) et nous prédispose à interpréter les soubresauts de la nature comme des punitions pour nos fautes (Nature!=Civilisation=Danger), la culture japonaise à travers le shintoïsme prédispose à dédramatiser ces évènements... La nature n'est ni bonne, ni mauvaise... Elle est (pour reprendre l'expression).
Et ses manifestations, personnalisées par des esprits/divinités, sont elles aussi neutres. Elles peuvent être chaotiques, imprévisibles, donc fatales pour les humains, mais elles ne sont pas mauvaises "à la Lucifer"...
Dommage que cet élément n'ai pas été cité... Surtout que cette vision du monde inspire très fortement beaucoup de production de Mangas/Animations...
Bonne nuit.
Il aurait été intéressant de s'attarder sur cette représentation lourde de sens car empreinte de codes. Ce n'est pas pour rien que ces deux photos, très semblables dans leur représentation quasi hypnotique, aient fait le tour du monde... occidental.
Pour ma part j'y vois bien-sur deux superbes photographies mais aussi et surtout quelque chose de pervers qui échappe certainement à l'intention de ces deux photographes : la force et la résignation qu'on veut toujours nous imposer et opposer à notre contestation supposée basse et indigne. Je pense qu'il y aurait beaucoup à dire à ce sujet.
N'est-ce d'ailleurs pas cette opposition que nos médias serviles tentent de nous imposer en évoquant le calme, la dignité, la pudeur et la résignation des japonais face à ce qu'il leur arrive ? Un exemple à suivre ! cachons nos SDF encore vivants, enfouissons vite ceux qui sont morts de froid cet hiver et allons travailler sans broncher !
Mais vous aviez sur le plateau le directeur des Langues O section Japon ... Un érudit sur l'histoire de l'art japonais moderne et contemporain, le retrouver la a écouter un amateur , certes éclairé, philosopher sur les Pocket Monsters et les kaijus, c'est comme si vous aviez inviter Noam Chomsky pour parler des comics marvel ou Emmanuel Todd sur son album préfèré de oum kalsoum...
Franchement niveau clichés ce n'était pas du TF1 mais juste l'étape d'après .
Comme le fait remarquer la dame du Japon , " j'ai l'impression d'entendre mon fils".
La vous aviez en face de vous quelqu'un qui aurait vraiment put élever le débat et ne pas être la que pour valider ou invalider des analyses qui , bien qu'assez juste , n'était pas de haut vol ni dune grande profondeur psychologique et culturelle.
Pour moi le sujet était certes intéressant et je ne partage pas cette condamnation pour indécence évoquée plus haut mais il y avait matière a sonder l'inconscient collectif Japonais et le rapport a la nature, au catastrophes , a la résignation ou la révolte de façon bcp plus adulte et loin des sentier battu.... Je suis fan d atom , Grandizer ( goldorack ) ou miyazaki mais vous auriez du demander a Mr Luken de vous parler de Hokusai ou hiroshige et je vous assure que, partant de là, l émission aurait prit une autre tournure...
Voilà une petite sensation de gachi et de rate donc ... Sil vous plait Mr S , même si je trouve au fond très sympathique , je vous aimerais encore plus et l'emission aussi si vous laissiez plus de temps de parole a vos invites et si vous vous prépariez un peu a les recevoir...
Mention d'honneur pour la Parisienne pour son écriture et son interprétation poignante .Une belle chanson aussi pour ceux qui aime : celle de Gappy Ranks " I was there" qui raconte comment il s'est retrouve a Tokyo le jour du tremblement de terre).
Vivement aussi l'émission ou vous nous direz comment le monde qui a fait la une de son site web avec des mises a jour de photos et de contenue toutes les 2 h a décidé du jour ou Juppe attaque Khadafi, qu'il faudrait dorénavant savoir farfouiller dans son site pour avoir des infos concernant Fukushima ... Le prix de l'info conso a la sauce série télé ....
Cette semaine , cet événement est si horrible pour les japonais et pour l'humanité que même en bon laïque j'ai envie de rejoindre Lady Gaga et de " pray for Japan".....
Le Japon vit un drame, c'est un fait. Mais ce n'est pas la peine d'en rajouter en allant chercher, dénicher, exiger encore plus de larmes. Et c'est une amie japonaise qui le dit !
Apprécions le caractère posé et réfléchi d'ASI, qui a en plus le bon goût de confesser un parti pris en fin d'émission et de proposer de reporter le débat sur les sujets plus graves à une date ultérieure, mieux informée. Personnellement, c'est tout à fait ce que je voulais voir et entendre : un débat calme et informé, sur la question de savoir si les journaux français ne sont pas un peu tombés dans une forme de voyeurisme malsain à tout le temps vouloir faire des Japonais meurtris un peuple de martyrs zen.
Et Daniel s'est égaré sur le plateau : il n'y a qu'à voir comment Rafik Djoumi prend la parole pour comprendre que c'est probablement lui qui a initié l'émission.
Pour la premiere fois je viens de zapper l'emission mais de regarder la parisienne.
Un petit cote William Sheller aujourd ' hui.
Bonne continuation.
Et une émission D@ns le film revenant effectivement sur l'imaginaire japonais dans les films et dans la culture populaire. D'ailleurs, j'ai eu ce matin un cours d'Analyse de film, où mon prof à décidé de bousculer le programme pour coller à l'actualité (nous travaillons sur le 11 Septembre, donc traiter ce sujet vis à vis de son traitement médiatique était tout de même assez pertinent.) et nous avons pu voir également un grand nombre d'extrait, et j'ai découvert le manga Gen d'Hiroshima, qui bien loin d'une représentation des catastrophes enfantines et plaisantes, montre des images très violentes et dures. Je dois dire qu'à huit heures du matin, j'ai eu un peu de mal à m'en remettre.
Je suis surpris par le choix rédactionnel pour cette spéciale Japon. Au lieu de disserter sur les films (très bon passage, ce n'est pas le problème), j'aurai préféré une analyse plus approfondie du Japon politique, étatique et médiatique qui aurait peut-être débouché sur une meilleure compréhension du fatalisme des japonais. Je ne sais toujours pas ce que ressentent les japonais dans leur for intérieur...
Ça part quand même très mal.
Comme si c'était pas l'inverse - parce qu'ils sont habitués à vivre dans un pays vivant catastrophe sur catastrophe, cela se retrouve dans la culture...
Enfin, bon, visionnons.
Les personnes qui suivent les informations sur TBS(privé) ou NHK(publique) par exemple sont sensiblement mieux informées que ceux qui regarde la télévision en France et ont une information fortement dramatisé.
Faut il présenter les information de façon dramatique pour attirer l'attention du publique quitte à le traumatiser ?
Le fait est que mesure de radioactivité, localisation précise de ces mesures, sources de ces mesures, températures, pression dans les réacteur, niveau d'eau , nombre de ROD etc ces informations sont disponibles au Japon depuis plusieurs jours.
Quant à la gestion de la crise le premier ordre d'évacuation a été donné le 11 mars à 20:50 JST, et l'ensemble des actions gouvernementales est consigné mis à jours plusieurs fois par jour et disponible à la lecture en ANGLAIS .
Manque de communication, opacité ? Vraiment ? Déja si les journalistes reportaient toutes les informations et ce contentait de cela sans pathos.. Ca permettrai d'y voire plus claire même si cela ne serait pas nécessairement plus rassurant
J'aurais aimé que l'on explore un peu plus le rapport de l'homme à la nature dans la société japonaise.
J'entends que l'homme japonais se pense intégré à la nature, en être juste une composante, je me demande si cela ne définit pas également son rapport à la protection de la nature. L'homme étant l'égal de la "nature", la notion de devoir envers elle, commune dans la pensée occidentale, n' a pas lieu, l'homme n'a pas de responsabilité, ne lui étant pas supérieur, il ne lui doit pas la protection que le seigneur accorde au paysan.
Le Tsunami ravage ma maison, je ravage les baleines, chacun dans son rôle, chacun sa nature.
Là c'était vraiment magnifique, prenant, émouvant, un grand merci
Comme quoi l'indignation ça a du bon.
Merci d'avance.
Je renvoie ceux qui se demandent pourquoi les japonais sont aussi calmes à l'article « Des foules solidaires » du magazine « Cerveau & Psycho » de janvier/février 2011. Il met à mal bon nombre de clichés sur la panique des gens en cas d'urgence.
l'ambivalence des japonais face au nucléaire est me semble t il importante ....
sinon cf émission France culture ou Akiro MIZUBAYASHI nous parle du "goma" mot inexistant en français , traduisible par : la capacité pour un être humain à supporter l'insupportable.....
http://www.franceculture.com/emission-la-grande-table-akira-mizubayashi-et-30eme-anniversaire-de-la-mort-de-georges-brassens-2011
Pas sur. Beaucoup de grand quotidiens continue à poser des analyse morale et/ou politique sur bon nombre de films. Je pense notamment aux Inrocks par exemple.
Après la mode...ce qui compte c'est ce que vous apporte un film. Et comme vous le soulignez, on peut y interpréter des choses différentes.
Dans les épiceries et restaurants japonais de la rue St Anne, on trouve des boites en fer à bonbons, "comme dans le film"...
Setsuko crève à cause de son frère qui n'est même pas foutu d'aller chercher l'argent qu'il détient à la banque et l'oblige à bouffer des cailloux !
Assasin !
Mais si quelqu'un re-regarde ce film, je veux bien une explication : c'est quand même étrange cette histoire de banque.
Sans doute une erreur de scénar !
J'ai écouté 10 secondes de la BO une seule fois et j'en ai eu les larmes au yeux, pourtant très peu de films m'amènent là.
Ponyo sur la falaise, par contre, comme tous les films de Myazaki, respire la joie de vivre et on en sort complètement requinqué! Et il contient quelques scènes du déchaînement de la nature absolument magnifique!
En fait, c'est une des grandes différences entre Isao Takahata et Hayao Myazaki, qui ont pourtant fondé les Studio Ghibli ensembles. Si les deux ont une vision du monde souvent pessimiste, le premier ne semble pas avoir beaucoup d'espoir pour celui-ci, alors que le second se dit qu'avec des efforts, on pourra quand même toujours améliorer les choses.